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La priorité ferroviaire de Christian Bourquin c’est le TGV : analyse

mardi 17 décembre 2013, par MG

L’expression d’objectifs clairs sur la politique ferroviaire de la part du président de la région Languedoc Roussillon ne venant pas, concernant les lignes de montagne qui irriguent son territoire, qu’il nous soit permis de tenter, à partir des dernières déclarations des uns et des autres, de percer le mystère.
 
Tout pour le TGV gros mangeur des pauvres deniers publics
 
Il semble depuis quelques années que pour Christian Bourquin et son équipe, contrairement à son prédécesseur Frêche, il n’y ait point de salut hormis l’axe littoral Avignon - Cerbère et l’axe Narbonne - Castelnaudary vers Toulouse. De bonne irrigation de leur région ils n’en ont cure, toute leur attention est portée sur la future LGV Montpellier Perpignan dont aucune date de livraison n’est annoncée, on parle de 2030... Témoin la déclaration faite pendant la journée d’inauguration de ce dimanche pour l’offre Barcelona Paris. Ci dessous transcription du sujet de France Bleu Hérault le 16 décembre à 8 heures :
 

Il aura fallu le lancement du TGV Paris Barcelone sans changement pour qu’on reparle de la LGV Montpellier Perpignan.
 
Car depuis hier on peut aller en TGV de Montpellier à Barcelone en 3 heures. Mais pour diminuer encore le temps de trajet il faudrait de la vraie grande vitesse. Sauf que cette LGV Montpellier Perpignan a été écartée des projets prioritaires du gouvernement avant 2030. il semblerait que les choses aient changé puisque le ministre des transports Frédéric Cuvillier hier affirmait que le projet était toujours d’actualité, que les études étaient relancées pour une ligne mixte voyage - fret avec deux gares à Béziers et Narbonne. Le ministre applaudi par les élus présents dont le président de la région Christian Bourquin.
 
« Vous savez il y a eu ce fameux rapport... innommable de cet été où j’avais attrapé une colère folle qualifiant de branquignol ceux qui... bon aujourd’hui tout se répare. Manifestement. Et donc aujourd’hui s’il y a l’aval pour continuer les études la région financera à fond tout cela. Dans trois ans il y aura une décision importante qui devra être prise par la France, au sommet de l’état, pour commencer les travaux. Dans trois ans ce sera un moment favorable pour prendre ce genre de décision. Ce qui est important aujourd’hui sur le plan technique c’est qu’on va très vite réduire le champ d’impact de passage de la ligne ce qui libère tous les propriétaires fonciers qui étaient bloqués depuis des années et des années et ça permet de préparer les futurs travaux. »

 
Déclaration également sur France 3 Languedoc Roussillon le 16 décembre à midi avec le ministre Frédéric Cuvillier et le maire de Perpignan :
 

Depuis ce week-end Barcelone s’est rapprochée de Paris. Une ligne directe entre la France et l’Espagne. 20 petites minutes de gagnées depuis Paris mais reste un chaînon manquant, celui entre Perpignan et Barcelone, une affaire vous allez le voir très.... politique.
 
Les TGV directs entre Barcelone et Perpignan symboles d’union pour les ministres des transports français et espagnols qui posent le temps d’une photo. Au programme trajet inaugural et célébration en grandes pompes avec au final l’engagement de l’état français dans la réalisation des travaux préparatoires entre Perpignan et Montpellier.
 
Frédéric Cuvillier, ministre des transport :
« Je vous annonce que j’ai décidé aujourd’hui et je viens de remettre à Monsieur le Préfet de Région la lettre de commande de la part de l’état, la poursuite des études du projet de ligne nouvelle Montpellier Perpignan. »
 
Ces études devraient donc durer trois ans et côté région on se félicite de cette annonce qui remet le dossier sur de bons rails.
 
Christian Bourquin, président Languedoc Roussillon :
« C’est une très grande nouvelle. Je n’ai rien lâché dans ce dossier, j’ai mis la pression qu’il fallait et vous vous doutez de ma satisfaction aujourd’hui de voir cette annonce. Et j’ai mis cette pression depuis 6 mois, depuis cette horrible nouvelle qui consistait à dire qu’il ne fallait pas de cette ligne, ce rapport Duron qui en fait avait très mal apprécié l’importance de la chose. »
 
Pour ce qui est du délai de construction de la ligne LGV entre Perpignan et Montpellier aucune date n’a été fixée. Le ministre français a exprimé son souhait de ne pas dépasser 2030... Une annonce accueillie en demi teinte par le maire de Perpignan.
 
Jean-Marc Pujol, Maire de Perpignan :
« L’annonce du ministre, même si elle ne me convient pas c’est quand même un signe positif puisqu’on n’arrête pas les études, sauf qu’on nous parle de 2030 quoi... Je crois qu’il faut aller plus vite maintenant. Je crois qu’il y a des priorités. Cette ligne entre Montpellier et Perpignan c’est une priorité mais je crois qu’il faut qu’on soit capable d’aller plus vite encore. »
 
Cette future ligne sera également ouverte à la circulation pour les trains de fret. Béziers et Narbonne auront chacune leurs gares TGV. Pour Perpignan les études seront engagées sur la faisabilité de la nouvelle gare au nord de l’agglomération.

 
Tout est dit : de gros budgets étaient réservés et vont être dépensés par la région LR pour la poursuite des pré-études de la ligne à grande vitesse alors que le ministre apporte la lettre de commande au préfet de région... Des explications sont devenues nécessaires.
 
Monsieur Bourquin, pourriez vous vous occuper des compétences attribuées aux régions et donc de la bonne irrigation de vos territoires au lieu de faire du zèle auprès des notables avec les deniers publics ? Cette LGV ne fera gagner qu’un temps ridicule aux habitants car l’offre est déjà satisfaisante notamment avec les AVE de la RENFE vers Barcelona et vers le nord de l’Europe. Pourquoi abandonnez vous tout le reste du réseau ? Comme La Tour de Carol / Perpignan et son train jaune touristique, Carcassonne / Quillan, Béziers / Neussargues, Nîmes / Chapeauroux, Labastide / Marvejols, Alès / Bessèges et Nîmes / le Grau du Roi ? C’est sur ces lignes qu’il faut investir dans du nouveau matériel ferroviaire et élaborer de nouveaux projets au lieu de les tuer systématiquement en utilisant les bus et en fermant les gares les week-ends !
 
Rien pour les lignes de montagne
 
Le point sur les relations SNCF - région Languedoc Roussillon
 
Jean Ghédira le directeur régional SNCF était invité lundi 16 décembre sur France Bleu Hérault. Extrait :
 

Plusieurs régions la semaine dernière ont fait savoir qu’elles réservaient leurs conditions de... de contrats avec la SNCF en matière de TER parce qu’elles n’étaient pas satisfaites du tout de l’offre de la SNCF, du service apporté par la SNCF. C’est le cas de Midi Pyrénées par exemple. Vous avez de bonnes relations avec la région Languedoc Roussillon ?
 
« Alors. Humm... Vu de ma fenêtre... il faut interroger la région, mais vu de ma fenêtre nous avons de bonnes relations. Nous avons des relations de travail partenarial. Nous avons d’ailleurs à la différence d’autres régions, signé il y a deux ans maintenant pour les années 2012, 2013, 2014, une contribution bloquée pour la région, c’est-à-dire que à la différence de ce que vous avez pu lire dans la presse... la région Languedoc Roussillon a négocié avec la SNCF le fait de payer la même somme pour les années 2012, 2013, 2014. »

 
Le directeur SNCF botte en touche et exprime ici en fait qu’il n’y aucune politique claire de la région en matière de transports ferroviaires, si l’on oublie l’épisode du train à un euro qui a tué les lignes. Alors ? Un désintérêt pur et simple ? Un désamour ?
 
Désamour
 
Il faut dire que la région LR il y a quelques années a lancé "le train à un euro" sur les lignes les moins empruntées pour relancer le trafic, changer les habitudes des populations qui ont délaissé le train. Fort louable. Sauf qu’elle comptait être accompagnée activement dans l’aventure par la SNCF rémunérée grassement pour la gestion de ses TER. Que s’est-il passé ? La SNCF a-t-elle trop trainé les pieds devant cette petite révolution ? Y a-t-elle mis trop de freins et d’obstacles ? Certainement. Toujours est-il que peu de temps après le lancement de l’opération chaque ligne concernée a vu son trafic croître et simultanément la collectivité mettait en place des substitutions de trains par bus. Toutes les associations d’usagers l’ont noté et ont aussitôt manifesté leur mécontentement. A qui la faute ? Etait-ce concerté ?
 
Le sort des usagers des territoires reculés Cévennes, Lozère, Aubrac et Pyrénées ? Aller grossir les populations des métropolettes !
 
Facilité pour la région, le contrôle est total dans les bus qu’elle affrète, mais aucun n’est possible quand elle passe par la SNCF beaucoup plus rigide aux ajustements, sans compter le service défaillant avec les grèves cheminotes répétées. On peut ajouter le prix de revient : le coût d’un trajet par bus serait 8 fois moindre.
 
En conclusion dans ce silence pesant de la région LR concernant le service TER sur son territoire, doit être décelée une sorte de crispation relationnelle avec la société nationale dite ferroviaire. Le gros problème est du coup la mise à mal de toutes les politiques d’aménagement des territoires ruraux dans lesquelles le train devrait être une des composantes positives majeures.
 
Ecoutez bien aussi tous les non dits dans la réponse de Jean Ghédira au journaliste, on pourrait la résumer ainsi : La région LR bénéficie d’un traitement de faveur avec le montant reversé à la SNCF bloqué pendant trois ans, et donc nous fournissons un service au rabais, ne nous demandez pas plus d’efforts.
 
Tout ceci est appliqué admirablement partout sur les lignes dont on parle avec la fermeture des guichets le week-end et les substitutions par bus. De fait c’est la mort organisée du ferroviaire irriguant dans tout le Languedoc Roussillon à court terme. A la différence des présidents de régions volontaristes dans la gestion de leur réseau ferré comme Malvy en Midi-Pyrénées, Vauzelle en PACA ou encore Souchon en Auvergne, Christian Bourquin aura choisi l’abandon des territoires de montagne et au moindre coût. La crise aura bon dos car ne nous y trompons pas, l’argent est bien là pour cette collectivité qui perçoit des fonds européens très importants, sommes qui partent ailleurs, renforcer la désertification rurale.

1 Message

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