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Les bus Macron aux deux tiers vides !

jeudi 24 mars 2016, par MG

Edifiant. Selon une étude de l’Arafer, le gendarme du secteur de l’autocar, le coefficient d’occupation des autocars, au cours des 5 premiers mois qui ont suivi la libéralisation du secteur, est de seulement 32%. Chacun en conclura ce qu’il veut. Mais cela n’empêchera pas les transporteurs de grincher et de demander de plus belle des subventions aux pouvoirs publics. Et donc de détourner des fonds nécessaires au ferroviaire.
 
C’est le début de l’article du Progrès intitulé : Transport en autocar - Les 2/3 des sièges sont vides.
 
Nous le reproduisons ci-dessous :
 


Par Fabrice Gliszczynski | 21/03/2016, 15:25
 
Selon une étude de l’Arafer, le gendarme du secteur de l’autocar, le coefficient d’occupation des autocars, au cours des 5 premiers mois qui ont suivi la libéralisation du secteur, est de seulement 32%. Un chiffre qui traduit l’inadéquation de l’offre et de la demande avec une explosion du nombre d’ouvertures de liaisons par autocar. La recette est faible également : 3,2 euros aux 100 km par passager.
 
32% : c’est le coefficient d’occupation des autocars au quatrième trimestre 2015 dévoilé ce lundi par l’Arafer, le gendarme du rail, des autoroutes et des autocars, dans sa première étude trimestrielle sur ce secteur né de la Loi Macron. S’il est trop tôt pour dire si la mayonnaise prend ou pas auprès du public, ce taux de remplissage très bas traduit l’inadéquation entre l’offre et la demande de transport, en raison de l’explosion des capacités de bus qui a suivi la libéralisation de ce marché en août 2015. Pas moins de six opérateurs (Flixbus, Ouibus, Starshipper, Megabus, Isilines, Eurolines), voire plus si l’on compte les petits acteurs locaux comme Migratour, exploitaient au quatrième trimestre 689 liaisons (origine-destination) sur 148 lignes. Une offre qui a permis la création de 970 emplois, selon l’Arafer.
 
Marché naissant
 
Pour l’Arafer, ce coefficient d’occupation est pourtant meilleur que prévu.
 
« Un tiers pour un marché naissant en même pas deux trimestres, c’est tout de même assez surprenant. Nous avions l’intuition que cela serait beaucoup plus faible », a déclaré Anne Yvrande-Billon, vice-présidente de l’Arafer. Et de préciser :
 
« C’est un marché qui n’est pas très connu et qui souffre d’un déficit d’image. Quand toute la demande potentielle connaîtra ce marché, alors on pourra vraiment commenter ce taux de remplissage. Par ailleurs, du côté de l’offre, celle-ci est en phase de construction avec des opérateurs qui ouvrent un nombre très important de liaisons. On peut penser qu’il y aura à terme une rationalisation des offres. »
 
Pierre Cardo, le président de l’Arafer, est lui aussi confiant sur le développement de ce nouveau mode de transport.
« Le coefficient d’occupation passe de 29% au troisième trimestre à 32% au quatrième. Nous pouvons supposer qu’il s’améliorera au fur et à mesure que le service sera connu », a-t-il indiqué.
 
7.000 passagers par jour
 
Entre le mois d’août 2015 et fin décembre de l’année dernière, 770.400 voyageurs ont utilisé l’autocar en France. Au quatrième trimestre, ils étaient même 7.000 chaque jour. Soit "2,5 millions de passagers par an", si l’on prolonge les courbes sur une année, a expliqué Nicolas Quinones-Gil, responsable de l’observatoire des transports et de la mobilité.
 
C’est néanmoins largement moins que les 5 millions de passagers atteints en Allemagne en 2013, lors de la première année de libéralisation du marché l’autocar. Mais, explique-t-il, "les chiffres du quatrième trimestre 2015 étant les premiers sur un trimestre complet, la vision de la courbe de croissance du marché français sera plus nette avec les chiffres du premier trimestre 2016."
 
"La croissance entre le troisième et le quatrième trimestre était de 200%. Tout porte à croire qu’il y a eu encore au premier trimestre 2016 une très forte croissance", assure-t-il.
 
Les recettes sont très basses
 
Anne Yvrande-Billon a un avis plus tranché :
« La tendance est la même qu’en Allemagne. Il n’y a rien en effet qui laisse penser que le marché ne croîtra pas aussi vite qu’en Allemagne. Tous les signaux sont les mêmes », a-t-elle indiqué, en rappelant qu’en France, le marché n’a « pas passé les mois d’été. »
 
Selon France Stratégie, le nombre de voyageurs par autocar s’élève à fin février à 1,5 million de passagers depuis août.
 
Des prix très bas
 
Ce faible coefficient d’occupation se double d’une recette au siège-kilomètre extrêmement basse. Ce qui laisse supposer un niveau de pertes conséquent, même si les coûts au siège-kilomètre des opérateurs restent inconnus.
 
Avec un chiffre d’affaires de 9,3 millions d’euros réalisé au cours des cinq derniers mois de l’année 2015, la recette moyenne par passager est en effet de 3,2 euros par passager pour 100 kilomètres. Soit 12 euros par passager puisque le trajet moyen s’élève à 376 kilomètres. Pour se faire une place sur le marché et pour remplir un nombre de sièges aujourd’hui largement supérieurs à la demande, les opérateurs pratiquent des prix très bas. Une guerre tarifaire qui risque de faire des dégâts. Une consolidation du marché est à attendre à terme quand les opérateurs les moins solides réduiront la voilure ou sortiront du marché.
 
Reste à voir si les autocars ont créé un nouveau marché où s’il a pris sur d’autres. L’Arafer sera en mesure d’apporter des éléments de réponse au troisième trimestre 2016. L’ouverture de lignes d’autocar sur des liaisons de moins de 100 kilomètres desservies pour certaines par le TER, sera en effet intéressante à analyser.