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Billets SNCF "double peine" pour les usagers : la région Auvergne Rhône Alpes dit non !

jeudi 14 février 2019, par La rédaction

Les billets "double peine" c’est quoi ?
 
Ca vous concerne, lisez bien : et bien la merveilleuse SNCF qui ferme les guichets à tour de bras, et qui n’équipe plus les gares d’automates distributeurs de billets, vient de décider unilatéralement de ne plus délivrer de billets à bord des trains aux tarifs normaux. C’est un forfait d’une cinquantaine d’euros que vous devez payer même si votre billet devait vous coûter 3 euros. Et si vous refusez : amende de 100 euros.
 
Génial non, le service SNCF aux usagers ?
 
C’est appliqué en région PACA depuis quelques semaines et c’est ce que SNCF voulait aussi en région Auvergne Rhône Alpes. Autrement dit dans les gares et haltes dépourvues de guichets et d’automates, comme beaucoup en milieu rural vous ne pouvez plus prendre le train. A moins de disposer d’Internet, et de savoir vous en servir pour acheter un billet avant votre trajet, chez vous. Et si vous n’avez pas de chez vous, si vous êtes en déplacement tant pis pour vous.
 
La Région Auvergne Rhône Alpes vient d’interdire cette pratique à la SNCF.
 
Pour une fois qu’elle agit pour les usagers on ne va pas bouder notre plaisir et on va lui dire merci !
 
Mais on va lui dire aussi que celà fait 10 ans maintenant que nous demandons l’installation de distributeurs automatiques dans nos haltes et gares ainsi qu’un affichage en temps réel pour informer des retards et suppressions.
 
Martine Guibert maintient la validité du billet TER une semaine !
 
Alors que la SNCF là aussi veut réduire sa validité à 24 heures, comme dans la plupart des régions "pour lutter contre la fraude". La belle excuse.
 
On comprend le haut pouvoir de détestation que cristallise cette société dite ferroviaire pour les usagers des trains du quotidien. Une détestation telle que tous les voyageurs pousseront un gros OUF de soulagement quand la gestion des trains sera attribuée à un ou plusieurs autres prestataires, privés, transnationaux ou autres. Un gros ENFIN ! Enfin le plaisir d’être pris pour des clients, enfin peut-être un service normal pour des usagers maltraités depuis des décennies qui payent souvent très cher leurs billets.
 
Donc la Région Auvergne Rhône Alpes vient de dire NIET aux volontés de la SNCF. Nous disons bravo !
 
Voici le communiqué de presse reçu ce jour :
 


Lyon, jeudi 14 février 2019
 
La Région défend les usagers des TER : liberté de voyages et refus de la double peine pour les passagers lors des contrôles à bord
 
• Liberté de voyages pour les usagers : le billet TER 7 jours maintenu en Auvergne-Rhône-Alpes.
 
Alors que la SNCF souhaitait limiter la période de validité des billets de TER à une seule journée, comme c’’est le cas dans d’autres régions pour lutter contre la fraude, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de réduire la période de validité des billets sur le réseau régional. Le billet valable sept jours est donc maintenu en Auvergne-Rhône-Alpes.
 
La Région s’est fortement engagée dans un plan de sécurisation des gares et des TER notamment à travers le renforcement des équipes de la SUGE et de l’équipement de vidéo protection. Pour Martine GUIBERT, Vice-présidente déléguée aux Transports, la proposition de la SNCF n’était pas acceptable pour la Région dans un contexte de travaux importants en 2019 qui compliquent la vie des usagers et au regard d’une qualité de service qui ne s’améliore pas de la part de l’exploitant SNCF.
 
En refusant cette mesure, la Région souhaite préserver la liberté de circulation des usagers des TER et favoriser la souplesse des transports et de la mobilité au sein de notre réseau TER.
 
« Dans un contexte de travaux importants en 2019 et soucieuse de faciliter la vie des
usagers des TER, en particulier dans nos territoires ruraux, j’ai refusé que la validité des billets TER soit ramenée de 7 jours à 1 jour. Cette mesure nationale ne sera donc pas mise en œuvre en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019 ».
 
Martine GUIBERT, Vice-présidente déléguée aux Transports
 
• Majorations à bord du TER : la Région refuse la double peine imposée aux usagers.
 
La SNCF a décidé de suspendre les ventes de billets à bord des TER au prix du guichet et de mettre en place un nouveau barème majoré de régularisation à bord des trains pour répondre au principe général national : être doté d’un titre de transport valide avant de monter à bord.
 
La Région Auvergne-Rhône-Alpes, consciente des difficultés que ces mesures
engendreraient pour les usagers, particulièrement dans les gares rurales qui ne sont pas dotées d’un équipement de distribution, a demandé à la SNCF de revoir sa copie pour le territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes afin de ne pas pénaliser les usagers.
Service presse Auvergne-Rhône-Alpes.
 
Ainsi, les nouveaux principes de tarification à bord qui seront déployés en Auvergne-
Rhône-Alpes ne concerneront pas les 70 gares qui ne sont pas équipées soit d’un guichet soit d’un distributeur de billet TER (automates bleus). Les voyageurs montants dans un train au départ d’une de ces 70 gares, pourront, s’ils se présentent spontanément auprès du contrôleur sans attendre son passage, se faire délivrer un billet au tarif guichet, sans modification par rapport aux pratiques actuelles. Pour toutes les autres gares, les voyageurs devront en revanche anticiper leur achat sur
les équipements disponibles en gare.
 
« Plusieurs associations d’usagers m’ont fait connaître leur inquiétude quant au dispositif de régularisation majorée à bord envisagé par la SNCF à l’occasion des réunions de notre grande consultation dès la fin de l’année 2018. Je n’accepte pas cette logique de « double peine » imposée aux usagers : pas de guichets en gares et majoration à bord ! Aussi la Région a refusé cette proposition pour protéger les usagers des TER qui n’ont pas d’autres moyens d’achat. Ces prises de positions aux
côtés des usagers seront financées par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. »
 
Martine GUIBERT, Vice-présidente déléguée aux Transports

2 Messages

  • Voici deux bonnes nouvelles pour les usagers du train en Auvergne.
    Espérons qu’elles tiennent dans le temps...

    Par contre, je suis en totale contradiction avec l’un de vos arguments !
    Espérer la privatisation du service ferroviaire, en réclamant à être traités comme des clients, cela revient à tuer nos petites lignes encore plus vite !
    Car oui, si les usagers deviennent définitivement des clients, alors les clients non rentables seront abandonnés, là où les usagers sont aujourd’hui délaissés.

    Abandonnés, ça veut dire fermeture pure et simple des lignes. Le secteur privé ne fiat ni dans la dentelle ni dans la sensiblerie quand on parle de sa marge.
    Et croire qu’une région pourrait infléchir cela, c’est oublier qu’à chaque privatisation les entreprises ont su contourner les règles, négocier des contrats fragiles et au final être les seules gagnantes.

    Non, je ne crois pas une seconde que la privatisation sera un "mieux" pour nous.
    Les trains disparaitront, ou deviendront extrêmement rare, ou verront leurs tarifs exploser rapidement.

    La seule solution, c’est d’exiger au contraire un renforcement du service public, l’abandon de cette notion de "client" (qui a vocation à être rentable) pour revenir à celle d’usager (à qui on offre un service utile, pas forcément rentable).
    Et exiger aussi une revalorisation de l’intérêt pour le train (coordonné avec les besoins et autres transports, rapide, efficace, pas cher). C’est sûr que cela change un peu du combat contre les limitations de vitesse sur route ou le doublement des autoroutes, combat chers à nos élus.

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    • Oui votre position, partagée par beaucoup, était tenable à une époque où la SNCF se donnait les moyens de fournir un service de qualité. Actuellement la dégradation est telle partout en France qu’un passage au privé ou à un autre opérateur ne peut être que salutaire. Les appels d’offre peuvent et devront inclure certaines obligations de service bien précises. Désormais les collectivités savent faire. Sur la terminologie de "client" vous avez raison le mot a dépassé ma pensée mais signifiait qu’actuellement l’usager n’est pas traité avec le respect dû, sur de nombreux points. Donc non vivement le changement. Même les régions qui voulaient demeurer avec le prestataire SNCF en reviennent.

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