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Ligne ferroviaire Grenoble - Gap : la région AURA consent enfin à financer, pas l’état

lundi 28 mai 2018, par La rédaction

C’est un peu le schéma auquel il faudra s’attendre partout en région Auvergne Rhône Alpes : La Voix ferrée des Alpes nous informe de ce qu’il se passe pour cette ligne au niveau de la région et de l’état. Ce dernier sera le plus dur à convaincre.
 
L’article est lisible aussi ici.
 


Après deux ans d’atermoiements, la Région semble enfin commencer à négocier sérieusement avec la Metro de Grenoble pour financer les travaux de la ligne. Reste à convaincre l’État d’en faire autant.
 
Enfin, du concret ! Il aura fallu attendre presque deux ans après l’annonce du « plan de sauvetage des petites lignes » de Laurent Wauquiez pour que la Région Auvergne-Rhône-Alpes parle de mettre de l’argent sur la table. C’est la Metro de Grenoble qui a apporté la bonne nouvelle la semaine passée : « On a clairement entendu une volonté régionale. Des montants commencent à être évoqués, mais l’équilibre n’est pas atteint. On espère y voir plus clair cet été. En 2016, la Metro avait déjà voté un financement de la ligne à hauteur de 2 millions d’euros, en dehors du périmètre métropolitain. C’était un signe fort. On n’est pas fermés à envisager d’accroître cet effort ». Mais elle tempère : « si d’autres partenaires ne s’impliquent pas, on craint que ça ne suffise pas. Du côté de l’État et du côté du Département, pour l’instant, on n’a pas de réponse. Clairement, leur priorité pour l’axe Grenoble – Gap c’est la route, ils viennent de le montrer avec un engagement financier conséquent ». De fait, ils prévoient de débloquer 56 millions d’euros sur 30 kilomètres de route dans le Trièves, essentiellement pour créer des zones de dépassement. Grosso modo, c’est l’enveloppe nécessaire pour mettre les 110 kilomètres de voie ferrée à neuf (pour 300 à 400 000 voyageurs par an)...
 
État défaillant
 
De son côté, l’État n’a toujours pas bougé. Son engagement financier pour la ligne est donc pour l’instant à zéro. Au niveau national, il avait assuré en février dernier que les engagements déjà pris à hauteur de 1,5 milliards d’euros pour financer les « petites lignes » dans le cadre des Contrats de plan État-Régions (CPER) « seront tenus ». Mais comme la ministre des Transports le reconnaissait en janvier devant le Sénat, « il apparaît aujourd’hui clairement que cette somme ne sera pas suffisante ». En octobre, devant l’Assemblée, elle donnait sa feuille de route : « il appartient aux collectivités territoriales et notamment aux régions (…) d’identifier les réponses les plus pertinentes ». En clair : bon débarras, à vous de payer. Tous les spécialistes de Grenoble-Gap estiment pourtant que rien ne pourra se faire sans le concours de l’État. Contactés par le journal, ni la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (la DREAL, en charge du dossier), ni le ministère des Transports n’ont répondu. Un membre des services régionaux commente : « tout cela est consternant et honteux pour l’État et les collectivités qui refusent de s’engager pour des montants in fine modiques au regard des enjeux et de l’argent dépensé par ailleurs pour continuer à améliorer le réseau routier ».
 
(m)Isère routière
 
La route, c’est en effet le leitmotiv du Département. Ce n’est pas la pauvreté qui l’empêche d’intervenir sur la ligne, mais bien des choix politiques. Il va investir 16 millions pour le petit train de la Mure (15 kilomètres de voie, 120 000 passagers annuels espérés). Et pour la route, un spécialiste du dossier explique : « l’Isère a l’argent, partenaire financier ou non ils feront leurs travaux ». Frédérique Puissat, cheffe de file de la majorité départementale dans le Trièves, confirme : « Ces sommes sur le territoire sont inespérées et font de nombreux jaloux, ce qui est compréhensible ». Concernant la ligne de train, elle plaide pourtant que l’argent est « rare » et conclut :« à (cette) date, la participation du Département ne me semble pas envisageable ». D’après la Metro, la porte n’est pas pour autant fermée, ni pour le Département, ni pour l’État : « C’est difficile de savoir vraiment ce que veulent les partenaires de la négociation. Comme vous vous en doutez, personne ne veut payer trop, c’est un puzzle, un jeu de poker menteur ». Il ne nous reste plus qu’à faire en sorte que la partie se termine, au plus vite.

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