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Transport : piégés en gare de Langogne...

jeudi 20 juillet 2017, par La rédaction

Un article de Midi Libre d’hier résume bien les dysfonctionnements de ce début d’été sur la ligne du train Cévenol. En voici la retranscription :
 


Les passagers de la ligne Clermont-Nîmes passant par Langogne n’ont jamais la certitude d’arriver à destination.
 
"Tous les jours, c’est l’aventure ici…”, lâche Émile André, usager régulier et défenseur de la ligne Clermont-Nîmes. À Langogne, la situation dépasse les bornes sur cette ligne traversant la Lozère du nord au sud et pourvue de deux TER et un TET (Train d’équilibre du territoire) : le Cévenol dont l’autorité de tutelle est l’État. Un vrai périple Lundi 10 juillet, 10 heures. Le train TER en provenance de Clermont-Ferrand et à destination de Nîmes entre en gare de Langogne. Problème ? Il ne poursuivra pas sa route vers le sud : tout le monde dehors ! Sur le quai, des dizaines de passagers attendent de savoir quel sort leur sera réservé. Malheureusement pour eux, l’autocar réquisitionné à la hâte pour les mener à La Bastide-Puylaurent n’arrivera qu’à 12 h 30 (sans compter le trajet de 20 minutes jusqu’à la gare puis l’attente du train de substitution).
 
“C’était le périple”, regrette, dépité, le chef de gare à Langogne. Pourtant, ce type d’événements est monnaie courante ici depuis le début de l’été. “Il ne s’est pas passé deux jours sans qu’il y ait un problème”, nous explique-t-on à la gare de Langogne. En effet, le lundi 3 juillet, un retard très important (1 h 20 mn à Alleyras) et une sous-capacité du Cévenol suite à une panne des locomotives diesel au départ de Nîmes.
 
Le lendemain, un retard du Cévenol (45 minutes) toujours à Alleyras. Dans chaque sens, sur les trains Cévenol 15952 et 15957, une voiture Corail (sur quatre par rame) était en panne de climatisation, jour de forte chaleur… Dimanche 9 juillet, le Cévenol est supprimé sans préavis et une substitution par autocars est mise en place, suite à l’absence de conducteur au départ de Nîmes. Deux terminus à Langeac… et Langogne. Mais rien jusqu’à Clermont-Ferrand ! Et ainsi de suite…
 
En résumé, sur les dix premiers jours de juillet, il y aurait eu six jours lors desquels les trains auraient eu au moins 30 minutes de retard. Et cette situation qui n’est pas nouvelle, commence à sérieusement handicaper la gare de Langogne qui recueille régulièrement les passagers bloqués. “On a remarqué une baisse de fréquentation et une diminution du chiffre d’affaires, ça diminue en permanence.”
 
Le maire de Langogne, Guy Malaval, monte aussi au créneau sur ce problème qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le département au-delà de la simple mission de service public. “À Langogne, on a un lycée professionnel spécialisé en arts plastiques, et en conséquence pas mal d’étudiants qui ont besoin d’une bonne desserte en train, car ils n’ont pas le permis.”
 
Et que dire des personnes âgées, touristes et autres familles qui souhaitent descendre dans le sud via les TER ? Membre de l’association des élus pour la défense du Cévenol et de la ligne des Cévennes, Guy Malaval ajoute : “Nous, on n’a rien du nord au sud, on n’a pas l’A75. Le train fait partie de l’attractivité des territoires et quand on cherche à recruter des cadres, des profs, etc., disposer d’une gare ça compte ! Il n’y a pas d’autre alternative que le train pour plein de gens !”
 
En plus des problèmes réguliers de desserte, retard et autres annulations, l’élu doit se battre pour la survie de la ligne qui a failli disparaître définitivement en 2008. Au 1er janvier 2018, le Cévenol deviendra un train interrégional géré par la Région Occitanie avec un engagement de l’État pour les rames neuves et le déficit. Une bonne chose quand on sait que des travaux ont également été menés sur les voies au printemps dernier.
 
Au-delà des problèmes de retard, Guy Malaval regrette le manque de visibilité de la ligne des Cévennes sur le site internet de la SNCF. “Une fois, on nous a même dit que la ligne n’existait pas”, remarque également le chef de gare. Pourtant, l’élu souhaite préserver cette ligne réputée comme étant l’une des plus belles d’Europe.
 
"On ne peut pas faire circuler des trains si les lignes sont en mauvais état”
 
De son côté, la direction de la SNCF reconnaît que “la production sur la ligne est tout sauf satisfaisante en juillet”. Mais elle affirme : “Nous pouvons comprendre l’insatisfaction des utilisateurs mais dès l’instant où des trains circulent, il faut un respect des installations et une grande vigilance. On ne peut pas faire circuler des trains si les lignes sont en mauvais état.”
 
La direction souligne l’importance de la ligne, “sans quoi nous ne mettrions pas autant de moyens de rénovation”. Elle explique que les retards sont dus à des soucis d’intempéries (le 8 juillet) ou à des soucis matériels (lors des fortes chaleurs). Des travaux engendrant des ralentissements temporaires de vitesse sont aussi en cours.
 
THOMAS RIBIERRE

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